Claire, neurologue : comprendre pour agir
« Souvent, mes patients minimisent l’impact du tabac. Pourtant, la science l’affirme clairement : c’est un facteur de risque fort, et, surtout, modifiable. Le risque n’est pas le même pour tous, bien sûr. Mais, aujourd’hui, nous avons suffisamment de données pour encourager l’arrêt du tabac, en prévention comme au moment du diagnostic. J’insiste auprès de mes patients : diminuer, c’est déjà un progrès. Arrêter, c’est la meilleure option. »
Julien, patient expert : le tabac, un compagnon qu’on quitte
« J’ai commencé à fumer à 16 ans, bien avant ma SEP. Alors autant dire que les discours “Il faut arrêter” me passaient au-dessus de la tête… Jusqu’au jour où, après un nouveau bilan, mon neurologue m’a expliqué concrètement ce que ça changeait sur la maladie. Ce n’est pas facile : le tabac, c’est un refuge dans le stress, mais c’est aussi une responsabilité qu’on a pour soi. Le fait d’être actif dans sa maladie, même dans les choix difficiles, c’est ça qui aide à se sentir moins impuissant. C’est comme ça que j’ai réussi à arrêter. »
Sophie, infirmière : au quotidien, accompagner sans juger
« J’accompagne beaucoup de patients qui culpabilisent parce qu’ils n’arrivent pas à arrêter du jour au lendemain. On oublie souvent que ce n’est pas simple : la dépendance, l’habitude, la peur de grossir… Notre rôle, c’est d’écouter, d’encourager chaque pas. Se fixer des étapes, trouver des relais de motivation, se faire soutenir par l’entourage ou des professionnels, tout ça compte énormément. On ne peut pas tout contrôler, mais ça, c’est un levier sur lequel on peut agir, à son rythme. »