On distingue classiquement trois grandes formes de SEP :
- La SEP récurrente-rémittente (SEP-RR)
- La SEP secondairement progressive (SEP-SP)
- La SEP primaire progressive (SEP-PP)
Chacune présente ses particularités en termes de symptômes, d’évolution et de retentissement dans la vie quotidienne.
SEP récurrente-rémittente (SEP-RR) : la forme la plus fréquente
La SEP récurrente-rémittente concerne environ 85% des personnes au moment du diagnostic (source : Haute Autorité de Santé). Elle se caractérise par :
- Des poussées : épisodes aigus, où apparaissent de nouveaux symptômes ou où des symptômes anciens s’aggravent (troubles de la vue, de la motricité, de la sensibilité, etc.).
- Des rémissions : entre les poussées, les symptômes s’atténuent ou disparaissent partiellement ou totalement, et la maladie semble « faire une pause ».
La durée et la fréquence des poussées sont variables d’une personne à l’autre. Certaines vivent plusieurs poussées chaque année, d’autres une tous les 2 à 3 ans (ou moins)." C’est souvent à ce moment (dans les premiers temps de la maladie, au gré des poussées) que l’on peut se sentir déstabilisé : l’inconnu, l’imprévisibilité, et puis la surprise de se « sentir bien » entre deux épisodes. Ce va-et-vient entre maladie et mieux-être est l’une des spécificités majeures de cette forme.
(Julien, patient partenaire) : « C’est déroutant. Parfois, la maladie disparaît de mon quotidien plusieurs mois. Et puis, sans prévenir, elle revient. C’est comme marcher sur des œufs. Mais ça permet aussi d’avoir des périodes ‘normales’. »
Heureusement, de nombreux traitements dits « modificateurs de la maladie » visent surtout cette forme, pour réduire le nombre et la sévérité des poussées et ralentir la progression à long terme.
SEP secondairement progressive (SEP-SP) : l’évolution dans le temps
Environ 30 à 50 % des personnes atteintes d’une SEP récurrente-rémittente évolueront vers une SEP secondairement progressive au bout de 15 à 20 ans (source : Société Française de Neurologie). Ce passage ne se fait pas du jour au lendemain. Il se manifeste par :
- Une progression lente mais continue du handicap, indépendamment des poussées, même s’il peut encore survenir des épisodes aigus.
- Une moindre fréquence voire disparition des poussées : la maladie devient plus « silencieuse », moins changeante, mais le déclin des capacités motrices ou cognitives est plus insidieux.
(Claire, neurologue) « Cette forme reste difficile à identifier, car la frontière n’est pas toujours nette. La surveillance régulière, attentive au fil du temps, permet de repérer ce basculement progressif. Le vécu des patients, l’expérience du quotidien, pèsent autant dans l’évaluation que les bilans médicaux. »
Jusqu'à récemment, peu de traitements étaient disponibles pour cette forme, mais la recherche avance et de nouvelles options sont en cours d’évaluation (source : Neurology, 2022).
SEP primaire progressive (SEP-PP) : une évolution d’emblée continue
La forme primaire progressive touche environ 10 à 15 % des personnes atteintes de SEP. Contrairement aux formes rémittentes, il n’y a pas de poussées nettes. L’évolution est :
- Continue dès le début : les symptômes (troubles moteurs, difficultés à la marche, raideur, fatigabilité) s’installent et progressent, sans réelles phases de rémission.
- Un début souvent plus tardif : l’âge moyen d’apparition se situe autour de 40 ans, soit 10 ans de plus que la SEP-RR (source : MSIF – Multiple Sclerosis International Federation).
Ce mode de progression peut rendre le diagnostic difficile, car les signes sont parfois attribués à d'autres affections neurologiques ou au vieillissement. La vie quotidienne s’en trouve rapidement impactée, notamment pour la marche et l’autonomie. Moins de traitements sont reconnus à ce jour pour la SEP-PP, mais certains médicaments proposés depuis 2018 (comme l’ocrélizumab) ouvrent de nouvelles perspectives.