Comment et pourquoi la sclérose en plaques peut-elle changer de forme ?
La sclérose en plaques (SEP) n’est pas une entité unique. Au contraire, même si le nom “SEP” est commun, il recouvre plusieurs formes qui n’ont pas...
La sclérose en plaques (SEP) n’est pas une maladie uniforme. Au contraire, elle se décline en plusieurs formes dont la plus répandue, la forme rémittente-récurrente, concerne environ 85 % des personnes nouvellement diagnostiquées (source : Inserm, 2023). Pourtant, le terme peut sembler obscur, voire un peu inquiétant, quand on entend ce diagnostic pour la première fois. Nous avons à cœur de vous aider à comprendre cette forme particulière, pour vous permettre de mieux en repérer les signes, d’en saisir la mécanique, et d’avancer avec plus de connaissance, donc plus de liberté.
Parler de « SEP rémittente-récurrente » (ou SEP-RR pour les initiés) revient à décrire un mode de fonctionnement bien spécifique de la maladie. Pour bien cerner cette forme, il est essentiel de distinguer deux notions clés :
Ce va-et-vient, fait de crises et d’accalmies, donne à la SEP rémittente-récurrente son rythme si particulier.
La SEP-RR se manifeste en général par des symptômes neurologiques soudains et souvent inattendus. L’expression varie largement d’une personne à l’autre. Il n’y a pas de parcours type – chaque histoire de SEP rémittente est unique, mais certains signes restent fréquents.
Souvent, un seul symptôme domine, mais il peut aussi en exister plusieurs. Une poussée est parfois discrète ou même inaperçue si ses signes sont subtils.
Claire : « Un point important : une infection, même banale, peut “réveiller” de vieux symptômes, mais ce n’est pas une poussée. On parle alors de pseudo-poussée. »
Le schéma typique de la SEP-RR, c’est cette alternance prestations/poussées puis périodes d’accalmie. Mais la fréquence, la durée, et l’intensité varient :
| Caractéristique | Variabilité |
|---|---|
| Âge des premiers symptômes | 20-40 ans (pic de fréquence), mais possible plus tôt ou plus tard |
| Nombre de poussées par an | En moyenne 1 à 2 ; mais certains peuvent en avoir plus ou moins (sources : ARSEP, Inserm) |
| Période de rémission | De quelques mois à plusieurs années |
| Accumulation de séquelles | Fréquence accrue au fil des années, mais certains gardent une récupération complète pendant longtemps |
Julien : « Ma première poussée : un bras engourdi, impossible d’ouvrir une bouteille d’eau comme d’habitude. Deux semaines après – retour à la normale. C’est cette alternance qui donne un espoir, mais aussi déconcerte. »
Il existe plusieurs formes de SEP, et reconnaître la forme rémittente, c’est aussi savoir ce qui la distingue.
| Forme | Évolution | Poussées | Entre les poussées |
|---|---|---|---|
| Rémittente-récurrente (SEP-RR) | Par épisodes, phases actives /périodes stables | Oui | Récupération fréq. |
| Progressive d’emblée (SEP-P) | Lente aggravation continue | Peu ou pas | Pas d’amélioration |
| Secondairement progressive | Après une phase rémittente, évolution continue | Souvent rares ou absentes | Aggravation progressive |
Sophie : « Pour le patient et l’entourage, la phase rémittente-récurrente est souvent déroutante : on se sent parfois ‘normal’… jusqu’à la prochaine poussée. Anticiper, ce n’est pas facile, mais comprendre ce rythme permet d’agir. »
Le diagnostic de la SEP, et surtout de sa forme, mobilise plusieurs outils :
Les critères les plus utilisés sont ceux de McDonald (mis à jour en 2017 – source : Neurology), qui permettent de poser le diagnostic avec certitude.
Julien : « J’ai beaucoup souffert de l’incertitude du début. Mais comprendre ce qu’est une poussée, et ce qu’elle n’est pas, m’a aidé à ne pas tout craindre, tout le temps. Cette connaissance est un vrai bouclier. »
Sophie : « Vivre avec une SEP rémittente, c’est apprendre à apprivoiser l’incertitude. Mais ce n’est pas une fatalité. On peut avancer, étape par étape, vers plus d’autonomie et d’équilibre. »
Comprendre la forme rémittente-récurrente de la SEP, c’est se donner des clés pour reconnaître les signaux de la maladie, dialoguer sereinement avec son équipe soignante, et avancer, pas à pas, dans la construction de son parcours. Parce qu’informer, c’est déjà accompagner.