Modèles cellulaires : la recherche au microscope
Le point de départ, pour étudier la remyélinisation, c’est de se rapprocher au plus près des cellules du système nerveux central. Ces cellules incluent notamment :
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Les oligodendrocytes : ce sont les ouvriers spécialisés qui fabriquent et entretiennent la myéline autour des neurones.
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Leurs précurseurs (OPC) : des cellules immatures présentes dans tout le cerveau et la moelle, prêtes à être activées en cas de lésion.
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Les neurones et autres cellules gliales : essentiels pour créer un environnement propice à la réparation.
En laboratoire, les scientifiques créent des cultures cellulaires, souvent sous la forme de « co-cultures » où neurones et oligodendrocytes sont associés. Ils peuvent ainsi observer, au microscope, la naissance de la myéline, le rythme de la réparation, l’influence de tel ou tel médicament, molécule ou mutation génétique.
La grande force de ces modèles ? Leur simplicité et leur adaptabilité. Il est possible de manipuler l’environnement chimique, de tester plusieurs centaines de composés sur une même lignée cellulaire, et de visualiser la myélinisation grâce à des colorations spécifiques ou des techniques d’imagerie de pointe.
Modèles animaux : reproduire la maladie pour tester les solutions
Malgré leur intérêt, les cultures cellulaires ne retranscrivent jamais toute la complexité d’un organisme vivant. C’est pourquoi les chercheurs utilisent aussi des modèles animaux, principalement des souris et des rats, parfois des poissons-zèbres (Danio rerio), pour progresser vers la réalité humaine.
Plusieurs techniques sont employées :
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Le modèle de démyélinisation induite (ex : toxines : La cuprizone ou la lysolécithine détruisent sélectivement la myéline chez l’animal. On observe alors comment la réparation naturelle (remyélinisation endogène) se met en place, ou comment elle peut être stimulée.
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Le modèle auto-immun (ex : EAE - Encéphalomyélite Auto-immune Expérimentale) : Ce modèle mime l’attaque immunitaire de la SEP, permettant d’étudier la myéline dans un contexte pathologique proche de l’humain.
Une immense variété de tests et d’analyses sont alors réalisés :
| Evaluation |
But |
Technique |
| Imagerie cérébrale |
Visualiser les lésions, la réparation |
IRM, microscopie électronique |
| Bilan moteur |
Mesurer l’impact fonctionnel |
Tests de marche, de coordination |
| Analyse histologique |
Voir la structure fine de la myéline et des axones |
Colorations myélinisantes, immunomarquages |
| Analyses moléculaires |
Identifier les acteurs génétiques/chimiques |
qPCR, RNA-seq, Western Blot… |
Au fil de ces étapes, chaque anomalie repérée dans la remyélinisation, chaque facteur facilitant ou freinant le processus, devient une piste potentielle pour le traitement futur de la SEP.