Reconnaître une poussée de SEP et réagir au bon moment
Une poussée de sclérose en plaques (SEP) correspond à l’apparition de nouveaux symptômes neurologiques ou à la réapparition de symptômes anciens, durant généralement au...
Une poussée de sclérose en plaques (SEP) correspond à l’apparition de nouveaux symptômes neurologiques ou à la réapparition de symptômes anciens, durant généralement au moins 24 heures. Elle traduit une activité inflammatoire du système nerveux central. Pour parler véritablement de poussée, les symptômes doivent survenir en dehors d’un épisode de fièvre ou d’infection et être séparés d’une poussée précédente par une période de stabilité, souvent fixée à au moins 30 jours.
La durée et l’intensité sont variables. Une poussée peut s’installer progressivement en quelques heures ou quelques jours, puis s’améliorer spontanément ou avec un traitement adapté. Elle ne signifie pas nécessairement qu’une séquelle permanente va s’installer. L’évaluation par un professionnel de santé reste toutefois indispensable, car d’autres causes peuvent produire des symptômes similaires.
Les manifestations dépendent de la zone du système nerveux touchée. Elles sont souvent différentes d’une personne à l’autre. Parmi les symptômes possibles :
Un symptôme isolé et bref n’est pas automatiquement une poussée. Il est utile de noter la date de début, l’évolution, les parties du corps concernées et l’impact sur les activités quotidiennes. Ces informations aideront le neurologue à apprécier la situation.
Une infection, une fièvre, une chaleur importante, un effort intense ou un stress marqué peuvent réactiver temporairement d’anciens symptômes. On parle alors souvent de pseudo-poussée. Dans ce cas, les signes s’améliorent habituellement lorsque le facteur déclenchant disparaît. La chaleur, par exemple, peut accentuer transitoirement la fatigue, les troubles de l’équilibre ou la faiblesse chez certaines personnes atteintes de SEP.
Cette distinction ne doit pas conduire à s’auto-diagnostiquer. Une infection urinaire, respiratoire ou autre peut être discrète, notamment chez une personne ayant déjà des troubles urinaires. Il est donc préférable de demander un avis médical plutôt que de prendre seul des corticoïdes. Le neurologue ou le médecin traitant décidera si des examens sont nécessaires et si un traitement de poussée est indiqué.
Contactez votre neurologue, votre équipe de suivi ou votre médecin traitant lorsqu’un symptôme neurologique nouveau persiste plus de 24 heures, s’aggrave ou gêne vos déplacements, votre vision, l’usage d’un bras ou vos activités habituelles. Un avis rapide est particulièrement important si le symptôme est inhabituel ou s’il survient après une période de stabilité.
Lors de l’appel, préparez les éléments suivants :
Selon la situation, le neurologue peut proposer une consultation, un examen clinique, un bilan biologique ou une prise en charge hospitalière. Les corticoïdes à forte dose sont parfois utilisés pour raccourcir la durée d’une poussée invalidante, mais ils ne conviennent pas à toutes les situations et doivent être prescrits.
Appelez immédiatement le 15 ou le 112 en cas de signe brutal pouvant évoquer un AVC ou une autre urgence neurologique : paralysie soudaine d’un côté, déformation de la bouche, trouble soudain de la parole, perte brutale de la vision ou confusion. Ces symptômes ne doivent pas être attribués d’emblée à la SEP.
Une prise en charge urgente est également nécessaire en cas de difficulté respiratoire, impossibilité soudaine d’uriner, faiblesse rapidement progressive, trouble majeur de la conscience ou aggravation très rapide de l’état général. En cas de doute, mieux vaut solliciter les services d’urgence et préciser que vous êtes suivi pour une sclérose en plaques.
Les recommandations générales de prise en charge de la SEP sont disponibles sur le site de l’Assurance Maladie et les ressources destinées aux patients peuvent être consultées auprès de la Fondation ARSEP.
Non. Certaines poussées provoquent surtout une baisse de force, des troubles de la sensibilité, de l’équilibre ou de la vision, sans douleur. À l’inverse, une douleur peut parfois accompagner une atteinte visuelle ou des troubles sensitifs.
Un symptôme nouveau et persistant mérite un avis médical sans attendre son aggravation. Le neurologue pourra déterminer s’il s’agit d’une poussée, d’une pseudo-poussée ou d’une autre cause.
Oui. Les traitements de fond réduisent le risque d’activité de la maladie, mais ils ne suppriment pas totalement la possibilité d’une poussée. La survenue d’un nouvel épisode doit être signalée afin d’évaluer l’efficacité et la bonne observance du traitement.
Un carnet des symptômes, une liste des traitements et une chronologie précise des événements sont très utiles. Notez également les infections récentes, la fièvre, la chaleur ou les changements de traitement, car ces informations peuvent orienter l’évaluation.