Pourquoi l’activité physique a sa place dans la SEP

La sclérose en plaques peut entraîner une fatigue importante, des troubles de l’équilibre, une faiblesse musculaire, une spasticité ou une sensibilité accrue à la chaleur. Ces symptômes peuvent rendre l’activité physique intimidante. Pourtant, l’inactivité prolongée favorise le déconditionnement : les muscles perdent en force, les efforts deviennent plus coûteux et la fatigue peut s’installer davantage.

Une activité adaptée et progressive peut contribuer à entretenir la capacité cardiovasculaire, la force, la mobilité, l’équilibre et l’autonomie. Elle ne remplace pas les traitements de la SEP et ne doit pas être présentée comme un moyen de guérir la maladie. L’objectif est plutôt de trouver une pratique réaliste, compatible avec les symptômes et ajustable au fil du temps. Les recommandations de la Haute Autorité de santé et les informations de la Organisation mondiale de la santé constituent des repères utiles, à adapter avec les professionnels qui suivent la personne.

La première étape : faire le point avant de commencer

Avant toute reprise, il est pertinent d’échanger avec le neurologue, le médecin traitant ou un professionnel de l’activité physique adaptée (APA). Ce bilan permet d’identifier les capacités actuelles, les symptômes qui limitent l’effort et les situations nécessitant une vigilance particulière.

Le professionnel peut notamment rechercher :
Cette évaluation n’a pas pour but de mettre la personne à l’épreuve. Elle sert à choisir les bons exercices, le bon niveau de difficulté et les modalités de surveillance. En France, l’APA peut être proposée dans un cadre prescrit pour certaines affections de longue durée ; les modalités de prise en charge financière doivent toutefois être vérifiées au cas par cas.

Choisir une intensité et une fréquence réalistes

Pour débuter, mieux vaut privilégier une séance courte, régulière et récupérable plutôt qu’un effort trop ambitieux. La marche, le vélo d’intérieur, les exercices assis-debout, le renforcement avec élastiques, l’aquagym ou certains exercices d’équilibre peuvent être envisagés selon les capacités et les préférences.

Quelques principes pratiques :
  1. Commencer par un échauffement progressif de plusieurs minutes.
  2. Alterner des périodes d’activité et de récupération, sans attendre l’épuisement.
  3. Augmenter un seul paramètre à la fois : durée, fréquence ou difficulté.
  4. Prévoir un retour au calme et observer la récupération dans les heures suivantes.
  5. Noter les symptômes, la fatigue et les conditions de séance afin d’ajuster le programme.

L’intensité peut être évaluée avec l’échelle de perception de l’effort : une sensation modérée, permettant encore de parler par phrases courtes, constitue souvent un point de départ plus prudent qu’une recherche de performance. Le repère doit toutefois être personnalisé, notamment en présence de troubles cardiovasculaires, respiratoires ou d’un handicap moteur.

Gérer la fatigue et la sensibilité à la chaleur

La fatigue liée à la SEP n’est pas toujours proportionnelle à l’effort fourni. Une séance peut sembler acceptable sur le moment puis entraîner une récupération difficile. Il est donc utile de choisir un horaire favorable, de fractionner l’exercice et de prévoir des jours moins exigeants.

Chez certaines personnes, l’augmentation de la température corporelle aggrave temporairement des symptômes : vision trouble, faiblesse, déséquilibre ou ralentissement. Ce phénomène, souvent appelé signe d’Uhthoff, ne correspond pas nécessairement à une poussée, mais il doit être pris au sérieux. Pour limiter ce risque :
Une aggravation nouvelle, persistante ou préoccupante des symptômes doit conduire à contacter l’équipe médicale. En cas de poussée suspectée, de douleur thoracique, d’essoufflement inhabituel, de malaise ou de chute, il faut interrompre l’activité et demander un avis médical.

Être accompagné pour progresser sans se mettre en difficulté

Un enseignant en APA, un kinésithérapeute ou un autre professionnel formé aux maladies neurologiques peut transformer des objectifs généraux en exercices concrets : se relever plus facilement, marcher plus longtemps, améliorer les transferts, travailler la stabilité ou retrouver confiance dans les déplacements. L’accompagnement permet aussi d’adapter le matériel, l’environnement et les consignes aux fluctuations de la SEP.

La bonne activité est celle qui peut être répétée dans la durée. Le plaisir, l’accessibilité du lieu, la sécurité et la possibilité de modifier la séance comptent autant que le type de sport. Un programme personnalisé, réévalué régulièrement, aide à progresser sans comparer ses performances à celles d’une autre personne atteinte de SEP.

FAQ : débuter l’activité physique adaptée avec une SEP

Faut-il éviter le sport avec une sclérose en plaques ?


Non. L’activité physique n’est généralement pas interdite, mais elle doit tenir compte des symptômes, des traitements et des capacités du moment. Un avis professionnel est recommandé avant une reprise ou une augmentation importante.

Quelle activité choisir pour commencer ?


Il n’existe pas une activité idéale pour tout le monde. La marche, le vélo, le renforcement doux, les exercices d’équilibre ou l’activité en piscine peuvent convenir, à condition d’être adaptés et sécurisés.

Que faire si je suis très fatigué après une séance ?


Réduire la durée ou l’intensité, augmenter les temps de récupération et revoir l’horaire peut aider. Si la fatigue est inhabituelle, durable ou associée à de nouveaux symptômes, il faut en parler au professionnel de santé.

Un professionnel de l’APA peut-il intervenir à domicile ?


Selon les territoires et les structures, des séances peuvent être proposées à domicile, en cabinet, en association ou dans un établissement de santé. Le médecin, le neurologue ou une association de patients peut aider à identifier les dispositifs disponibles, notamment via la Ligue française contre la sclérose en plaques.

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